Un homme seul

Antonio Manzini

Denoël

  • 11 avril 2018

    Depuis l'assassinat, chez lui, de son amie Adèle, Rocco Schiavone se terre dans une chambre louée à la va-vite dans le centre d'Aoste, avec sa chienne Lupa pour seule compagne. Depuis le drame, il n'a pas remis les pieds à la préfecture, ne répond pas au téléphone, ne veut voir personne. Pourtant, le sous-préfet sait qu'il ne peut pas continuer à vivre en ermite. Quelque part, à Aoste ou ailleurs, se cache le meurtrier d'Adèle et il veut arrêter et punir cet homme. Et puis la vie continue. Sa dernière enquête se rappelle à lui. Le mafieux qu'il vient de faire enfermer a été assassiné en prison et le commanditaire de toute cette affaire de corruption et d'enlèvement n'a toujours pas été appréhendé. Harcelé par ses adjoints, poussé par sa hiérarchie, Rocco remet le pied à l'étrier.

    Quatrième aventure déjà pour le sous-préfet Rocco Schiavone et c'est toujours le même plaisir de lecture. Continuation directe de Maudit printemps, cet homme seul mêle deux enquêtes, celle de l'affaire Breguet qui implique la mafia et celle sur le meurtrier d'Adèle, la fiancée d'un des meilleurs amis de Rocco. Celui-ci est déprimé, il se sent coupable puisqu'il était la cible des balles qui ont tué son amie. Mais il reste lui-même, râleur, acariâtre, drôle et bien sûr sensible. Car sous ses airs bourrus, Rocco est un cœur tendre, toujours attachée à sa femme décédée et capable de venir en aide à une adolescente qu a perdu le goût de vivre, tout en pouvant se mettre dans la pire des situations juste pour éviter la gratitude de ses parents. Un personnage attachant, charismatique qui sait toucher, exaspérer, faire rire et sur lequel repose tous les romans d'Antonio Manzini. Lire le premier opus, c'est tomber dans le ''piège Rocco'', devenir accro et se jeter sur les suivants. Une série excellente et addictive.