Le Sculpteur - Le Sculpteur

Fanny Soubiran

Rue de Sèvres

  • Conseillé par (Libraire)
    11 avril 2016

    Cette BD est tout simplment un chef d'oeuvre

    David Smith est un sculpteur au succès aussi fulgurant que précoce. Mais l'art contemporain est d'une nature volatile, il se détourne facilement de ses gloires présentes pour de nouveaux prodiges. D'autant plus que l'incroyable notoriété de David lui est monté à la tête et a provoqué une rupture avec son principal mécène. A partir de ce moment, la chute est rude et interminable : David n'a plus la côte et sombre dans l'alcool et la pauvreté.
    C'est lors de l'une de ses beuveries qu'il rencontre son oncle Harry. Commence alors une discussion surréaliste, ceci d'autant plus que l'oncle Harry est... déjà mort ! Mais qui est vraiment Harry? Qui se cache derrière cette soudaine apparition ? Toujours est-il que cette rencontre inattendue débouche sur ce qui ressemble fort à un pacte avec le diable. Un véritable drame antique commence, entre amour, trahison et choix cornéliens. Tous les ingrédients sont présents pour un scénario d'une richesse incroyable, d'une sensibilité rare.

    Scott McCloud n'est pas moins qu'une bible vivante de la bande-dessinée, auteur des excellents et passionnants L'Art Invisible et Faire de la bande-dessinée, ouvrages théoriques et tout en bulles traitant l'art de la bande-dessinée.
    Quand celui-ci décide de s'attaquer à l'élaboration d'un roman graphique, autant dire que tous mes sens sont en éveil. Et une fois la lecture entamée, quelle claque ! Je ne connais pas d'auteur capable d'avoir un dessin pareil, où une planche est capable de mêler la force de mouvement des comics, et un trait unique entre manga et franco-belge selon les sujets : le tout dans les uniques couleurs noire et bleu pétrole. Tout respire l'amour de son art, et pourtant ce livre est aussi moderne qu'unique. Le scénario sert le dessin, et le dessin permet des prouesses scénaristiques.

    Scott McCloud rend un incroyable hommage à la bande-dessinée sur 496 pages dont chacune est indispensable. Je me contente de rendre hommage à un virtuose de la bande-dessinée.


  • Conseillé par (Libraire)
    8 juillet 2015

    Une histoire d'amour tumultueuse ébranlée par un pacte avec le diable !
    Idéal pour les amateurs d'art graphique.
    Un grand coup de coeur !


  • Conseillé par
    18 avril 2015

    Un roman graphique exceptionnel.‎


  • Conseillé par
    20 mars 2015

    David Smith est un sculpteur qui a sans doute laissé passé sa chance de devenir célèbre pour son art. Faute d'argent, il ne produit plus, il boit, vit seul. Un jour, attablé dans un restaurant, il rencontre le diable qui lui propose un marché : il pourra sculpter tout ce qu'il souhaite à mains nues, sur tout support mais seulement pendant 200 jours, après il mourra. David accepte car il ne sait pas encore que peu de temps après ce pacte il rencontrera son grand amour.

    Connaissant votre sagacité, je ne doute pas que vous ayez reconnu ici le mythe de Faust, ce savant qui a vendu son âme au diable pour profiter de tous les plaisirs et accéder à des savoirs alors inconnus. Scott McCloud s'empare de ce mythe pour son roman graphique absolument formidable.

    J'ai été emballé par l'histoire bien sûr, qui même lorsqu'on connaît la fin reste passionnante, d'une part parce qu'une once d'espoir réside : et si le pacte avait un vice de forme ? Et si cet homme qui a retrouvé le goût de vivre émouvait le diable au point de résilier le contrat ? Évidemment, je ne vous dirai rien, il vous faudra aller au bout des presque 500 pages pour savourer le déroulement de l'histoire et son dénouement.

    Les dessins sont figuratifs, réalistes, sauf lorsque David réalise des œuvres avec son nouveau pouvoir : elles sont directement issues de son imagination, de ses souvenirs et sont entre réalité et abstraction. Trois couleurs seulement, le noir, le blanc et le bleu. En fonction de la situation telle ou telle domine. Scott McCloud joue aussi avec le nombre de cases par pages : une seule ou deux lorsqu'il a le besoin de ralentir le rythme, presqu'une trentaine et même plus, superposées lorsque le récit accélère. Exactement comme dans un roman : phrases longues pour ralentir, phrases courtes pour accélérer. Des cases saturées de phylactères lorsque David est saoulé des discours environnants, d'autres cases muettes. J'ai lu que l'auteur était un "théoricien de la bande dessinée et de la communication visuelle", c'est dire s'il en connaît les codes ; il les applique donc à son ouvrage magistralement.

    A certains moments, lorsque David Smith sculpte dans l'euphorie, j'ai eu des images de Akira, le seul manga que j'aie lu, de Katsuhiro Otomo, récemment récompensé à Angoulème. Les univers sont différents, mais cette folie qui s'empare des héros est assez semblable.

    L'éditeur Rue de Sèvres a fait une entrée remarquée dans le monde de la BD il y a deux ans, avec notamment Une histoire d'hommes de Zep, la très belle adaptation de Maupassant, Le Horla de Guillaume Sorel ou Le château des étoiles d'Alex Alice, pour ceux que j'ai lus. Depuis le catalogue s'est étoffé et ce roman graphique ajoute une très belle note à l'ensemble.

    Pour les ceusses qui comprennent l'américain, Scott McCloud a un site (cliquez sur son nom, vous y êtes)