Brutes

Brutes

Anthony Breznican

Denoël

  • par (Libraire)
    16 avril 2016

    De l'art de ne pas tendre l'autre joue

    Rencontre avec le héros, Peter Davidek, dont le patronyme est constamment écorché, comme une insulte, la première d'une longue liste qui va s’égrener tout au long de l'histoire. Autour de lui gravitent Noah Stein, qui sous ses airs provocateurs et une cicatrice physique impressionnante, cache une blessure qui, elle, ne se refermera jamais, Loreleï, qui va passer presque sans regret du statut de victime à celui de bourreau, sans soupçonner, sans comprendre sa propre motivation, et tous les autres, à la fois instigateurs et instruments du malheur, dans un environnement qui ressemble au Purgatoire, comble de l'ironie, pour un établissement catholique.
    Toute ce microcosme évolue en effet à Saint Mike, Saint Michael the Archangel, alors qu'on ne peut guère imaginer un endroit plus abandonné des saints que celui-ci. Le bâtiment s'écroule, la pluie s'y infiltre, érodant les briques qui s'effritent doucement, laissant sur les murs des traces rouges comme le sang : un symbole qui prend tout son sens. La ruine physique du lycée n'est que le pâle reflet de sa dépravation morale, et les responsables, quand ils ne sont pas corrompus ou névrosés, sont vains. La violence traverse les couloirs comme une rumeur, elle est tellement acceptée qu'elle en paraît encouragée.
    L'écriture est particulièrement puissante pour décrire cette atmosphère toxique. Ce ne sont pas seulement des phrases qui font mouche, ou de bons mots. Ce sont des passages entiers qui vous emmènent exactement là où l'auteur le voulait, sans que vous vous en rendiez compte, au moment où il est déjà trop tard, faisant de vous le complice involontaire de la cruauté de ses personnages. Chacun d'entre eux à sa part d'ombre, c'est le portrait – et le procès ? – de l'espèce humaine, pervertie et hypocrite par nature, qui doit lutter pour sa survie coûte que coûte. Même Davidek, qui espère qu'il est encore du côté des gentils, sait qu'au fond, il a perdu son innocence, et ne souhaite rien d'autre que de "voir sanctionnés [les gamins de St-Mike] comme ils le [méritent]". Il n'y a de salut, de rédemption pour personne.


  • par (Libraire)
    29 août 2015

    Un lycée catholique avec ses élèves déchainés dans l'Amérique profonde des années 90. Le décor est planté et l'atmosphère lourde et oppressante. Au coeur de cet enfer, trois jeunes "losers" vont se serrer les coudes et évoluer au milieu des brimades et des bizutages en tout genre. Un premier roman qui se lit avec plaisir, touchant par ses personnages, son thème et son humanité.