Conseils de lecture

L'Amour est une maladie ordinaire
17,00
par (Libraire)
2 septembre 2017

L'Amour est une maladie ordinaire

Sans doute le roman le plus drôle que nous ayons lu cette rentrée !
Notre héros, parce qu'il sait que l'amour ne dure que s'il meure en pleine gloire, décide de simuler sa mort auprès de la femme de sa vie pour que, toute sa vie, elle l'aime comme elle l'aimait au jour de sa mort. Et croyez-moi, être mort n'est pas tous les jours un exercice facile pour qui est bien vivant !
Mais quand on a goûté une fois à l'Amour Absolu, comment ne pas succomber une seconde fois, et peut-être même une troisième, voire une quatrième ? Alors là, vraiment, la situation se complique...
Mené de bout en bout avec humour et brio (un exercice littéraire très compliqué s'il en est), cette comédie sait aussi se montrer grave et profonde. Un régal mais dont la longueur en bouche est digne d'un grand cru !


Un certain M. Piekielny
19,50
par (Libraire)
2 septembre 2017

Un certain M Piekielny

Un roman biographique sur Gary ? Vous vous dites que ça peut être bien mais que ça va être un peu pépère en terme d’écriture ou de suspense... et puis Gary a déjà écrit la Promesse de l'aube alors pourquoi diable aller lire Désérable ?
Et bien ce roman biographique (car il s'agit bien de cela et de rien d'autre, ne nous y méprenons pas) n'est pas chiant du tout, bien au contraire : il sait se montrer drôlatique et farfelu !
C’est sans doute pour éviter l'ennui mais aussi l'obligation de devoir coller à la vie du grand homme, et à sa légende pour le moins encombrante, que Désérable choisit de raconter la vie de ce M Piekielny que Gary cite vaguement dans la Promesse de l’aube et dont on ne sait rien : rien ne saurait entraver l’imagination et la verve de Francois-Henri. Un bonheur !


Sauver les meubles
19,00
par (Libraire)
26 août 2017

Souriez, vous êtes filmés

Le narrateur est désabusé. Photographe raté pour l'art, il se retrouve à prendre des clichés de meubles pour un catalogue, dans une entreprise aux employés dont il refuse, pour la plupart, d'apprendre les patronymes, au profit de surnoms plus ou moins flatteurs. Il se convainc du bien fondé d'avoir abandonné une carrière au point mort pour payer ses factures et la maison de retraite de son père, qu'il n'appelle jamais, mais avec lequel il imagine des dialogues à longueur de journée. Il rencontre une femme, Nathalie, et s'installe peu à peu dans une routine, jusqu'au jour où son ami, Christophe, véritable machine à détruire, figure réjouissante du chaos au milieu d'un monde de faux semblants sur papier glacé, lui propose de renouer avec l'amour de l'art en montant avec lui un site de photos pornographiques. C'est à ce moment où toutes les convictions qu'il avait réussi à se forger – sur la maturité, sur la nécessité d'avoir un emploi stable, et même sur son couple – s'effondrent, à mesure que sa fièvre artistique grimpe.
On ressent facilement la frustration, puis l'ardeur, l'exaltation du héros. Son anonymité est symboliquement représentative du milieu où il évolue tout au long du roman : des meubles témoins, mis en valeurs par des acteurs qui feignent le bonheur en permanence, jusqu'à introduire cette déformation professionnelle dans leur vie privée, à l'instar de Nathalie ou de miss Kit-Kat.
Le cadre est étonnant, l'univers presque dérangeant, l’histoire originale, et le style évolue au fur et à mesure du livre, ressemblant de plus en plus à ces clichés en rafale que prend le narrateur. Un roman qui questionne la société de consommation, qui interroge nos modes de vie, et qui ne manque pas de nous divertir en même temps.


L'Amour est une maladie ordinaire
17,00
par (Libraire)
26 août 2017

Jusqu'à ce que la mort nous sépare

François vit depuis quelques temps une belle histoire d'amour avec Marie, et elle est folle de lui. Las ! Il est persuadé que cet amour, à son apogée, ne peut maintenant que diminuer. Marie va le quitter, c'est certain. La seule manière de faire durer toujours sa passion, c'est de mourir sans tarder, avant que la flamme ne s'éteigne définitivement. Il imagine déjà sa belle, éplorée, chérissant son souvenir dans la douleur... Mais loin de commettre l'irréparable, il décide de feindre son décès : il n'est pas utile de mourir vraiment pour rendre l'amour éternel, quitte à éviter maintenant quelques quartiers où sa dulcinée a ses habitudes.
Il change donc d'apparence et d'appartement, trouve un nouveau travail, fait de nouvelles rencontres... et ce qui devait arriver arriva. Il tombe amoureux, est aimé à nouveau, et là encore se résout à simuler sa mort avec la complicité de son meilleur ami et auto-proclamé demi-frère, malgré la désapprobation de ce dernier. Jusqu'où cette combine peut-elle aller ? C'est qu'à force de se rendre invisible, il pourrait bien le devenir vraiment.
Le personnage principal est imbuvable, un pervers narcissique dans toute sa splendeur, et c’est étonnamment jubilatoire ! C'est simple, on adore le détester. Ses travers poussent jusqu'à l'absurdité, une pointe de fantastique s'invite à la fête, et la recette est toujours gagnante, on ne se lasse pas de voir François mourir encore et encore. Ce roman se lit tout seul, c’est drôle, c’est bien mené, et la chute finale est exquise !


Les huit montagnes
21,50
par (Libraire)
24 août 2017

Les huit montagnes

Dans l'Italie des années 70, Pietro vit avec ses parents à Milan mais passe toutes ses vacances en montagne, dans la vallée d'Aoste. Pietro est enfant unique : il doit donc supporter seul les rêves de ses parents, notamment ceux de son père. Ce père, ingénieur, vivant à la ville par contrainte mais grand amoureux de la montagne, emmène Pietro dès son plus jeune âge dans d'interminables randonnées. Pietro développe peu à peu une aversion pour ces randonnées, puis ce père ; car il ne comprend pas encore la beauté de ces paysages et surtout l'acharnement paternel à escalader chaque petit bout de montagne.
Au village cependant, Pietro fait la découverte de la fraternité grâce à son amitié avec le petit Bruno, enfant de bergers. Cette amitié lui permettra de voir la montagne autrement et un jour de renouer avec son père. Ce n'est qu'à la mort de ce dernier qu'il comprendra la passion dévorante du père : parce qu'il existe des événements qui donnent forme à votre vie sans que vous ayez connaissance de leur existence.
Dans ce très beau roman sur la filiation et sur la fraternité, Paolo Cognetti déploie une écriture simple et poétique qui nous fait partager son amour de la montagne, des ascensions, des hommes qui l'habitent... Ce roman a reçu le prix Strega (le Goncourt italien) et mérite toute votre attention !