Conseils de lecture

Que la guerre est jolie
19,50
par (Libraire)
12 février 2018

Que la guerre est jolie

Larmon, petit ville ouvrière sur le déclin à quelques heures de Paris. Autour de la vieille usine désaffectée, le quartier ouvrier, croulant mais encore habité par quelques acharnés, comme Élise, qui attend son premier enfant, ou Odette, ou les artistes squattant la vieille usine... Le maire a décidé de raser ce quartier ouvrier pour y installer des logements hauts de gamme, attirer des cadres parisiens, embourgeoiser sa ville... en expulsant au passage la faune locale, qui y ferait vilainement tache. Et tous les moyens sont bons pour disperser les protestataires... quitte à mettre la ville à feu et à sang. “Ah Dieu ! Que la guerre est jolie.” disait ironiquement Apollinaire. Et c'est bien la guerre que va déclencher monsieur le maire ! La guerre, c'est le fil rouge de ce roman coup de poing. L'écriture est rapide, vivante, vibrante. Loin de se perdre en palabres, l'auteur déploie toute une galerie de personnages hauts en couleurs, attachants, imparfaits, bourrés d'insécurités, de rêves, d'espoirs, ou au contraire cruellement cyniques. Surtout, Christian Roux dépeint un chaos politique et idéologique terriblement familier, et actuel.

On commence une page, on passe à la suivante sans réfléchir parce que l'on veut savoir, finalement, qui sera encore debout sur le champs de bataille, et quis seront les victimes collatérales. Qui va s'en sortir? Qui a raison, qui a quelles raisons, et pour faire quelles horreurs? Les évènements s'enchaînent sans une seconde de répit, jusqu'à ce que les fils des marionnettes s'emmêlent, et que tout s'effondre dans un final à donner le vertige. Définitivement un des romans les plus percutants de l'année.


Libération

Gallimard Jeunesse

14,90
par (Libraire)
6 février 2018

Pardonnez-nous nos offenses

Adam Thorn est un adolescent pas comme les autres... Harcelé sexuellement par un boss lubrique, rejeté implicitement par sa famille ultra chrétienne et conservatrice, définitivement homosexuel, il essaye tant bien que mal d'être amoureux de Linus, le gentil garçon qu'il fréquente, mais l'est peut-être encore d'un garçon qui l'est moins, Enzo. Heureusement, dans cette quête du soi qui n'en finit pas, il est est épaulé par sa meilleure amie, Angela Darlington, qui lui annonce, fatalement, qu'elle va passer la prochaine année scolaire loin de lui, en Europe.
Tandis que son monde s'écroule, l'esprit de Katie, une jeune fille assassinée par son petit-ami tout aussi addict à la meth qu'elle, menace de détruite l'ordre établi de manière bien plus significative, en cherchant à venger sa mort. Le roman prend ici une teinte fantastique qui ne dépassera les frontières de la réalité qu'à la toute fin du récit.
Nos deux protagonistes ne sont pas si différents l'un de l'autre malgré les apparences. Ce qui rapproche Adam et Katie ? La recherche de réponses dans un milieu dans lequel ils ne se sont jamais sentis à leur place, et leur volonté semblable, plus que ça, unique, de s'en défaire, quitte à tout casser (enfin !) sur leur passage. La révolte est inexorable, la chute plus que probable ; quant au pardon, est-il encore possible ?

Libération fait plus que jamais partie de ces romans nécessaires, qui mettent des mots d'une justesse absolue sur les blessures les plus universelles et les plus douloureuses : l'amour, l'amitié et la famille.
Patrick Ness sait de quelle manière toucher profondément son lecteur, et nous livre une oeuvre bouleversante et sublime dont il est impossible de ressortir indemne. Il est cru mais jamais vulgaire, dur mais jamais cruel. C'est le roman d'une journée, celle qui va tout changer, et de deux adolescents brisés, qui vont tout faire pour que tout change, et pour sa sauver, à défaut de sauver le monde.


Stabat murder
16,95
par (Libraire)
13 janvier 2018

Mélodie pour un meurtre

Quatre prodiges du piano disparaissent en même temps, un mois avant le concours le plus important de leur vie. Ont-ils fugué ? Ont-ils été enlevés ? Qui leur en veut ?

Un roman qui tient en haleine ! Alliant au départ les scènes avant et pendant la captivité, on commence sans s'en rendre compte l'enquête, qui va mener jusqu'à la révélation finale, impensable. L'auteur ne laisse pour compte aucun protagoniste, même secondaire, et c'est très bien mené ! Les personnages sont criants de justesse, jamais caricaturaux : on a l'impression de les connaître, et on est d'autant plus impatient de savoir ce qui leur est vraiment arrivé.


Quand le monstre naîtra

Nicolas Michel

Talents hauts

16,00
par (Libraire)
13 janvier 2018

Des monstres et des hommes


Lucille est une petite fille sans souci, si ce n'est celui de trouver la prochaine bêtise à faire, quand éclate la guerre. Ses voisins, qu'elle considère comme ses deuxièmes parents, sont chassés parce que Juifs, et on lui annonce l'arrivée inopinée d'un nouvel enfant qu'elle surnomme aussitôt « le monstre ». Le bien et le mal peinent à se distinguer, ses repères se bousculent et elle va devoir grandir en s'en créant de nouveaux.

Quand le monstre naîtra, c'est la Seconde Guerre Mondiale vue à travers le regard d'une enfant aussi rebelle qu'intrépide, que ces événements dépassent ; c'est l'apprentissage de la justice et de la fraternité quand celles-ci sont loin d'être évidentes ; c'est l'Histoire comme vous ne l'avez jamais lue.


Avec joie et docilité
par (Libraire)
13 janvier 2018

Barbie had plastic surgery

Nous sommes en Finlande, et la société telle que vous la connaissez a disparu. Ici, tous les excès ou presque sont interdits et les femmes ont été sélectionnées génétiquement pour être physiquement parfaites et mentalement réduites, ce sont les eloï. Une sous-race perdure mais est automatiquement stérilisée, ce sont les morlocks. Vanna est une exception : un caractère de morlock dans un corps d'eloï. Elle a toujours réussi a dissimuler sa vraie nature, mais la disparition suspecte de sa sœur, son addiction grandissante au piment et la raréfaction de ce produit prohibé vont la conduire à prendre de plus en plus de risques.

Avec joie et docilité est une critique subtile d'une société où le paraître et le bien commun sont mis au-dessus du bonheur individuel, où, à l'inverse de ce que disait Boris Vian, ce qui compte n'est pas le bonheur de chacun, mais le bonheur de tous. Mais plus la société est bridée, plus ses déviances sont violentes. Une fascinante immersion dans un futur plus que possible.