Conseils de lecture

Middlesex
8,90
par (Libraire)
18 avril 2016

Middlesex

Neuf ans après le succès de son premier roman, Virgin Suicides, magnifiquement adapté au cinéma par Sofia Coppola, Jeffrey Eugenides revient avec Middlesex qui lui vaudra le prestigieux prix Pulitzer.
Le personnage principal d'Eugenides est encore une fois une jeune fille Calliope Helen Stephanides, 15 ans, issue d'une famille d'origine grecque dont les grands parents ont immigré vers Detroit dans les années 20. Fuyant la menace turque, ils fuient aussi l’opprobre : le frère et la sœur sont amoureux l'un de l'autre et la sœur porte le fruit de leur péché. Arrivés aux États-Unis, les deux jeunes gens prétextent qu'ils sont mariés pour expliquer qu'ils portent le même nom. S'en suivent des années de bonheur et de réussite car les années 20 à Detroit sont encore synonyme de plein emploi, d'ascension sociale pour ces immigrés sans le sou. Se reforme une communauté grecque où les grand-parents de Callie deviennent des personnes importantes. Alors, quand naît cette enfant particulière, tout le monde occulte, même le médecin, en se disant que ça passerait et que le temps ferait son œuvre.
Mais le temps passe et ne fait pas son œuvre : Callie reste une hermaphrodite qui se dissimule sous l'identité d'une fille. Or à l'adolescence la question sexuelle la taraude : elle se cherche une identité définitive alors que sa famille occulte toujours, refusant toujours d'admettre la faute originelle. L'errance identitaire de Callie va donc se doubler d'une errance à travers tous les États-Unis. Elle est en quête d'autres personnes ayant le même problème ou pouvant tout simplement l'aider.

Roman de la conquête de l'Amérique, saga familiale, roman d'apprentissage mais aussi tragédie, Middlesex est tout cela à la fois et c'est bien là que réside le génie de cet immense auteur : mêler les différentes traditions littéraires dont il est héritier pour élaborer le grand roman de la différence. Et le tout avec humour ! Un chef d’œuvre.


1, Les vieux fourneaux, Tome 1 : Ceux qui restent

Tome 1 : Ceux qui restent

1

Dargaud

12,00
par (Libraire)
18 avril 2016

Les Vieux fourneaux

L'improbable road-movie de 3 septuagénaires et d'une femme enceinte de 7 mois : les uns à la poursuite de l'autre pour lui éviter d'aller assassiner celui qui fut son patron, son opposant au temps des luttes syndicales, bref son pire ennemi mais aussi bien plus que ça apparemment. Entre les maux de la vieillesse et les idéaux de leur jeunesse toujours présents, entre les souvenirs d'un passé militant et les rêves du grand soir toujours actif, un album très drôle, incorrect et dont on attend la suite avec grande impatience. Un dessin agréable, au service de cette histoire et de son humour.


Les Héritiers de la mine
16,50
par (Libraire)
18 avril 2016

Les Enfants de la mine

On est au Québec et la famille Cardinal est une famille comme les autres, à ceci près qu'ils sont 21 enfants ! Le père, géologue, a découvert un gisement exceptionnel de zinc mais le contrat qu'il a signé avec la très riche industrie minière ne semble pas si favorable après coup. Quand le cours du zinc s'effondre, la ville s'étiole et tombe aux mains des enfants Cardinal, lâchés comme des animaux sauvages dans les rues qui se désertifient : ils ont bien l'intention de récupérer leur ville et leur mine. Mais les tours pendables que les enfants jouent à ceux qui ne veulent pas partir ne suffisent pas à masquer le drame. Comme dans toutes les familles règne un secret et ce récit qui avait commencé comme une cocasserie devient peu à peu plus dense et plus fort.
On avait adoré Il pleuvait des oiseaux (Folio) du même auteur : vous adorerez Les Héritiers de la mine ! Encore une fois, Jocelyne Saucier mène son récit avec beaucoup d'humour mais sans éluder les sujets importants. Un auteur à découvrir de toute urgence !


Quand le diable sortit de la salle de bain
18,00
par (Libraire)
18 avril 2016

Quand le diable sortit de la salle de bain

Dans un roman hilarant et corrosif, Sophie Divry nous raconte les tribulations de jeunes gens qui tentent d'entrer dans la vie active à l'heure où le chômage fait rage et où les patrons semblent penser qu'ils ont tous les droits. Un roman social d'un nouveau genre où la truculence et l'invention textuelle (sous toutes ses formes) ont définitivement damné le pion au misérabilisme et à l'apitoiement mais sans occulter les questions importantes.

Sophie, notre narratrice, est chômeuse, diplomée mais chômeuse. Elle ne se plaint pas : c'est toujours mieux que les piges pour le journal qui ne lui laissait rien à la fin du mois tellement c'était mal payé et irrégulier ! Elle tente donc d'écrire un roman (afin de devenir riche, enfin, et surtout manger à sa faim !) mais en attendant, Sophie a faim et ça vire à l'obsession.
Alors les pensées parasites envahissent peu à peu son esprit, jusqu'à obscurcir son jugement : comment envisager sereinement la vie quand votre placard est vide ? comment se sentir l'égale des autres quand votre esprit est obnubilé par le fait de manger et que le monde du travail vous ignore ? Impossible d'écrire dans ces conditions ! L'écriture, le chômage et le succès sont-ils incompatibles ?
Hector, son meilleur ami et compagnon de galère à Pôle Emploi, pense que les choses s'arrangeront dès qu'il aura réussi à séduire sa voisine. Quant à Lorchus, le démon de Sophie, il pense que la faim justifie les moyens et que l'embarras est dans le choix : vol à l'étalage ou vol à l'arrachée ?
Pour échapper à tout ça, Sophie accepte l'invitation de ses parents pour un week-end où tous les frères et sœurs seront réunis : il faudra affronter la réussite sociale des autres mais à ventre plein rien n'est impossible pense-t-elle. Et peut-être même pourra-t-elle envisager de donner un nouveau départ à sa vie...


La Petite communiste qui ne souriait jamais
8,70
par (Libraire)
18 avril 2016

La Petite communiste qui ne souriait jamais

Outre le passionnant destin de Nadia Comaneci, la petite fille qui bouleversa le monde olympique et qui fit rêver les fillettes du monde entier en 1976, ce livre nous raconte l'affrontement entre l'Est et l'Ouest pendant la Guerre Froide et entre la Roumanie de Ceaucescu et l'URSS derrière le Rideau de Fer, autour du corps d'une enfant. C'est l'instrumentalisation de ce corps par le régime qui est au centre de ce roman : par ses victoires, par sa présence constante auprès des dirigeants dans les dîners diplomatiques afin de prouver la suprématie de la Roumanie, par sa quasi-intégration à la famille Ceaucescu quand le fils héritier aura jeté son dévolu sur l'enfant devenue femme... Mais ce que montre, Lola Lafon, c'est que cette instrumentalisation aurait aussi bien pu arriver à l'Ouest... et qu'en fait, elle s'y produit tous les jours, sous une forme moins exacerbée sans doute.
Un roman très fort et très documenté, dans lequel on entend aussi le point de vue de Nadia Comaneci elle-même : lui tendre le micro pour entendre enfin sa version et ne plus instrumentaliser son corps devenu personnage.